Cercle des Fermières de Palmarolle

Les Fermières de Palmarolle – 92 ans d’histoire et de transmission

Fondé le 8 avril 1934, le Cercle de Fermières de Palmarolle voit le jour grâce à l’initiative d’agronomes souhaitant renseigner les femmes et les jeunes filles sur les démarches à entreprendre auprès du ministère de l’Agriculture. Leur objectif : structurer un mouvement permettant de transmettre les savoirs et de valoriser le travail des femmes en milieu rural.

Le 10 juin 1934, vingt fermières élisent leur premier bureau de direction. À sa tête, Mme Amédée Rodrigue devient la première présidente, accompagnée de Mme Émilien Bégin à titre de trésorière. Ces femmes pionnières posent les bases d’une organisation solide, fondée sur l’entraide, le partage et la transmission.

Il est à noter que, dans les premières années du Cercle, les fermières étaient désignées sous le nom de leur mari, une pratique représentative de l’époque et qui témoigne de l’évolution du rôle et de la reconnaissance des femmes au fil du temps.

Fidèle à cet héritage, le Cercle s’implique activement dans la vie paroissiale. Les fermières offrent notamment leur soutien lors des funérailles en préparant et en servant des repas aux familles et aux proches, ainsi que lors d’occasions spéciales. Leur présence bienveillante contribue à tisser des liens précieux au sein de la communauté.

Au fil des années, le Cercle devient un lieu d’apprentissage, de création et de transmission des savoir-faire. Grâce à des subventions, il se dote de deux machines à coudre de haute performance, une brodeuse, une surjeteuse et de onze métiers à tisser de 24 à 120 pouces de large, permettant aux membres de confectionner de nombreuses pièces artisanales.

Les arts textiles y occupent une place centrale : tissage de nappes, de linges à vaisselle et de catalognes, couture aux finitions soignées, broderie, tricot de toutes sortes et autres formes d’artisanat. Ces pratiques témoignent d’un savoir-faire minutieux et d’une grande fierté du travail bien fait.

Les arts culinaires font également partie intégrante des activités du Cercle. On y apprend à réaliser diverses recettes, perpétuant ainsi un riche patrimoine culinaire transmis de génération en génération.

Le Cercle s’intéresse aussi à l’horticulture, notamment par l’apprentissage des cultures florales et potagères : fleurs, légumes, boutures et arbustes. Les membres y développent des connaissances liées au jardinage, comme semer, transplanter et entretenir les jardins.

Des ateliers de perfectionnement et des démonstrations sont offerts régulièrement lors des réunions mensuelles, tenues chaque deuxième mercredi du mois. On y retrouve également des concours et des dégustations, créant un espace à la fois enrichissant et convivial.

L’exposition annuelle du Cercle reflète cette richesse et cette exigence. Les œuvres et les produits y sont présentés selon des critères rigoureux, où l’uniformité, la précision et la qualité sont essentielles. Les pièces doivent répondre à des normes précises et être présentées avec soin, afin de mettre en valeur un travail de grande qualité. Cette rigueur témoigne du sérieux et du respect des traditions qui caractérisent les fermières.

Les fermières participent également à des concours régionaux et provinciaux, où plusieurs d’entre elles remportent de beaux prix, contribuant au rayonnement du Cercle.

En 2014, le Cercle comptait 73 membres. Comme bien des organisations, il a évolué avec le temps. En 2024, il regroupait 26 femmes engagées, puis en 2026, 31 membres actives, signe d’un renouveau porteur d’avenir.

Cette continuité repose sur l’engagement de femmes dévouées, dont Mélanie Hamelin, présidente, Lucie Nadeau, trésorière, Mélanie Pelletier, secrétaire, Juliette Néron aux communications, Lisette Guertin au comité des arts textiles et Nicole Morin au comité des dossiers.

Faire partie du Cercle, c’est aussi entretenir un lien avec un riche patrimoine culturel. L’abonnement annuel avec un coût annuel subissant l’inflation est à ce jour de 38 $, inclut la revue très intéressante « L’actuelle ». Il est également possible de se procurer la collection de livres de recettes « Qu’est-ce qu’on mange ? », véritable héritage culinaire transmis de génération en génération.

Implication communautaire et œuvres caritatives

Les fermières de Palmarolle ont également à cœur les œuvres caritatives et s’impliquent activement dans diverses causes. Elles apportent notamment un soutien à plusieurs organismes et fondations entres autres aux futures mamans, par l’appui à la Fondation OLO.

Elles participent aussi à la Société canadienne du cancer, notamment par la collecte de soutien-gorge usagés, chaque pièce permettant de recueillir des fonds. Leur engagement s’étend également à d’autres organismes, dont l’ACW, ainsi qu’à différentes initiatives de récupération destinées à soutenir, entre autres, les personnes à mobilité réduite ainsi que plusieurs autres programmes d’aide.

Les fermières confectionnent également de nombreux articles pour la communauté, notamment des bonnets pour les nouveau-nés, des pantoufles pour le centre hospitalier, ainsi que divers tricots offerts à ceux et celles dans le besoin. Par ces gestes concrets, elles témoignent d’une grande générosité et perpétuent une tradition d’entraide profondément enracinée dans leur mission.

Hommage aux doyennes

En 2024, lors du 90e anniversaire du Cercle, un hommage a été rendu à six doyennes comptant plus de 50 années d’adhésion :

  • Angéline Beaudoin — 67 ans
  • Françoise Pelletier — 64 ans
  • Lisette Guertin — 56 ans
  • Marielle Caron — 55 ans
  • Réjeanne Lemieux — 52 ans
  • Gisèle Depont — 50 ans

Leur engagement remarquable incarne la mémoire vivante du Cercle et inspire les générations actuelles et futures.

Si la vie du Cercle demeure bien vivante aujourd’hui, c’est parce que ses membres y trouvent un milieu enrichissant et bénéfique pour la communauté.

Depuis cent ans, les fermières de Palmarolle ne tissent pas seulement des œuvres: elles cultivent le savoir, la rigueur et la solidarité, faisant vivre un héritage qui continue de grandir et de se transmettre avec fierté.

Bienvenue à toutes celles qui souhaitent partager notre joie de créer de belles choses et tisser des liens d’amitié.

 

Un peu d’histoire

Saviez-vous qu’au Québec, les Cercles de fermières ont une origine très concrète, profondément ancrée dans la vie rurale ?

Fondés en 1915, les Cercles de fermières ont été créés pour soutenir, former et rassembler les femmes en milieu rural, tout en valorisant leur savoir-faire et leur rôle essentiel dans la société.

À leur création, leur mission était à la fois éducative, sociale et économique.

Ils visaient notamment à :

Former et informer les femmes rurales

Enseigner les techniques domestiques telles que la cuisine, la couture et le tissage, améliorer les conditions de vie des familles et transmettre des connaissances pratiques utiles au quotidien.

Valoriser le travail des femmes

Mettre en lumière leur savoir-faire et reconnaître leur contribution essentielle à la famille et à l’économie rurale.

Briser l’isolement

Offrir un lieu de rencontre, un espace d’échange et un réseau d’entraide pour les femmes vivant en milieu rural.

Préserver les savoirs traditionnels

Assurer la transmission du tissage, de la cuisine traditionnelle et de l’artisanat québécois.

Contribuer à la communauté

Participer activement à la vie locale par l’organisation d’événements, l’entraide et l’implication paroissiale.

Depuis plus de 110 ans, les Cercles de fermières du Québec poursuivent cette mission avec passion et engagement.

À l’origine comme aujourd’hui, ils représentent bien plus qu’un regroupement d’artisanat : ils constituent un véritable mouvement social dédié à l’amélioration de la vie des femmes, à la transmission des savoirs et au renforcement des communautés.

Par Lisette Hallé Guertin

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Le conseil d'administration et quelques membres en 1936.
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Une exposition annuelle.
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Les dames fermières lors du service d'un repas.
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Plusieurs confections présentées lors d'une exposition locale.
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Les doyennes présentes au 90e du Cercle. Mesdames Gisèle Depont, Réjeanne Lemieux, Marielle Caron, Lisette Guertin, Françoise Pelletier et Angéline Beaudoin.