Dolores Guertin et Joseph Audet

Famille de Joseph Audet et Dolores Guertin ( lot 41 rangs 8 et 9)

Si vous lisez la page 93 du livre -souvenir du 75e de Palmarolle vous comprendrez mieux; cependant une erreur s’est glissée : Dolores est née à Ste- Perpétue de l’Islet et non à Roquemaure; elle est arrivée en Abitibi à presque 2 ans.

Petit rappel de l’historique :

Herménégild Audet né à St-Adelphe, arrivé à La Reine en Abitibi en 1922 et à Palmarolle en 1923 sur le lot 41. Il s’est marié à Rose-Alma Audette, veuve d’Arthur Courtois et mère de deux enfants dont Grégoire et Thérèse Courtois. De ce nouveau mariage Herménégild et Rose-Alma ont eu six enfants : Joseph, Clément, Marie-Jeanne, Clémente et deux jumelles Marthe et Marie décédées à la naissance.

Joseph a épousé Dolores Guertin en 1956 . Le couple a acheté cette propriété et s’est installé à Palmarolle sur ce lot et quatre enfants se sont ajoutés à la famille : une fille et trois garçons; tous à la retraite maintenant.

Joseph a bien pris soin de son acquisition avec l’aide de son épouse et de ses enfants malgré la tragédie de l’ouragan de 1963, qui en a détruit une bonne partie. Il a fallu relever ses manches, prendre son courage à deux mains et rebâtir en 1964 une belle grange encore très solide aujourd’hui, malgré les réparations que les nouveaux propriétaires : Matthieu Sénéchal et Patricia Roy se sont chargé de faire pour continuer d’embellir depuis juin 2021, après avoir acheté ce domaine qu’ils convoitaient.

Nous avons été mariés durant soixante-trois ans. Voir photo de notre 50e anniversaire de mariage, que nos enfants nous avaient organisé dans la maison de notre fils Ghislain avec nos enfants et  petits enfants.  La joie était au rendez-vous.

Dans le livre du 75e on vous a parlé de nos loisirs dont notre jardin , alors je désire vous laisser quelques spécimens de nos surprises dans nos trouvailles et voir photo qui en dit long sur ce potager.

Joseph est décédé le 9 juin 2019 à l’âge de quatre-vingt-neuf ans. De cette lignée, il n’y a plus de frères et sœurs, ni beaux -frères, belles-soeurs autre que moi Dolores; sauf nos enfants et leur famille, neveux, nièces, cousins, cousines.

De la famille de Joseph et moi, il reste notre fils Denis qui demeure à Palmarolle, notre fille Diane habite à Rouyn, Jean à Montréal et Ghislain à Nicolet. Le neveu qui a habité avec nous un certain temps, Michel est retraité de l’armée et demeure à Lorrainville au Témiscamingue. J’ai également 4 petits-enfants et 10 arrières petits enfants. Je suis très fière de ma famille qui me donne autant de bonheur,

Mes 72 années à Palmarolle,

Moi, Dolorès, J’habite à Palmarolle depuis 72 ans.  Je suis venue enseigner à l’école de du rang 8 et 9. Permettez que je vous parle un peu de moi, et que je vous raconte quelques petites péripéties. J’avais débuté ma carrière d’enseignement, 4 années plus tôt à Roquemaure; soit 2 ans dans une école de rang et 2 ans à l’école du village. À mon arrivée à Palmarolle pour enseigner, je demeurais dans mon école de rang. Il n’y faisait pas très chaud même si c’était une belle bâtisse à 2 étages. Il faut que je vous dise que je devais garder mes bottes chaudes l’hiver pour enseigner parce que la tribune et le pupitre de l’enseignante, étaient situés vis à vis et au dessus du hangar à bois.

Quant j’allais chez mes parents, dans la paroisse voisine, je devais me trouver des transports et devais souvent revenir avec le transport qui assurait le courrier et transportait certaines marchandises. Quand le conducteur était en retard ou n’était pas de bonne humeur ce matin-là, il me faisait descendre au coin du rang et je devais marcher emportant souvent des choses que mes parents m’avaient données, c’était assez difficile par temps froid, mais le plus souvent, il me reconduisait pour une petite somme d’argent.

Dans ces années-là, il y avait un commissaire d’école mais pas de concierge pour le ménage. Je faisais le ménage de la salle en bas. Les élèves y laissaient leurs vêtements et soulageaient leurs besoins dans une toilette sèche. Cette dernière laissait une certaine odeur, quand on n’y avait pas mis la chaulx  nécessaire. Nous y retrouvions aussi une pompe à eau installée sur un lavabo. Il y avait aussi une chambre de fournaise et le bois. Je nettoyais la classe située en haut et j’entretenais ma petite cuisine et ma chambre. Une fois par mois, le prêtre empruntait ma chambre pour confesser les enfants et certains adultes qui venaient aussi. Quand je demeurais à l’école, la fin de semaine, je préparais mon enseignement et mes cours à donner durant la semaine.

Une fois, j’ai été dérangée par 2 petites intruses qui venaient me visiter en se faufilant le long des murs. Elles devaient rentrer par le hangar à bois quand on allait chauffer la fournaise; tout à coup, j’aperçois un homme que je ne connaissais pas à la porte de la classe, je n’avais pas entendu frapper. Dans ma surprise, je lui ai demandé ce qu’il voulait. Il m’a répondu qu’il voulait sortir avec moi, que j’étais une bonne femme.  «  Et bien moi je ne vous connais pas », lui dis-je dans ma surprise et lui de me répondre « Et bien moi je vous connais, je vous ai vue à la messe ». Comme je n’ai pas eu le coup de foudre, le bon monsieur déçu est reparti tout triste sur son tracteur. J’ai eu d’autres demandes aussi déçues que le premier parce que mon travail était ardu. J’avais 39 élèves et 7 degrés d’enseignement. 4 de ces  élèves demeurent encore à Palmarolle. (Voir photo)

Il manquait de ressources dans nos classes; on commandait nous-mêmes les fournitures nécessaires  au Ministère de l’Instruction publique pour les besoins des degrés. J’ai eu la chance d’avoir ma jeune sœur Pauline pour m’aider avec les petits quand je travaillais avec les plus grands. Tout s’écrivait au tableau, dans le cahier ou sur une ardoise. Pour encourager le beau travail, je mettais des petits collants:étoiles, anges , crèches, fleurs et je savourais leur empressement le matin à leur arrivée à leur pupitre pour voir ce qu’ils avaient reçu pour leur beau travail, Ils étaient stimulés à faire mieux.

Malheureusement, il n’y a pas eu que du beau. Un jour pendant que j’enseignais, un homme mécontent et impoli se présente dans la classe par surprise et très en colère, pour déverser son mécontentement; je n’ai pas eu le temps de réfléchir alors j’ai continué d’enseigner même si ça a été une perte de temps pour les élèves qui écoutaient en silence ce qu’il avait à me reprocher. ( Ce n’est pas pour rien que les portes sont barrées aujourd’hui dans les écoles )

Je ne dois pas oublier de vous rappeler qu’on devait faire une prière le matin et le midi avant de recommencer, c’était primordial de demander l’aide de Dieu.

Et au mois de mai, mois consacré à Marie, nous faisions le mois de Marie devant une petite table avec la statue de la Vierge-Marie décorée avec des roses en papier crêpé que nous fabriquions nous-mêmes. Ça se faisait à l’école ou bien à la Croix du chemin; enfants et parents étaient fidèles à la participation.

Vous trouverez d’autres renseignements dans le livre du 75e de la paroisse.

J’ai passé la plus grande partie de ma vie aux rang  8 et 9 de notre paroisse, nous avions des amis, des gens serviables; j’ai beaucoup aimé ces gens, je continue de penser à eux même si je demeure au village maintenant depuis huit ans .

Tout en prenant soin de ma famille, je suis retournée à l’enseignement en faisant de la suppléance pendant 15 ans. 

J’ai fait beaucoup de bénévolat dans ma paroisse et dernièrement j’ai retrouvé plusieurs certificats d’honneur dans mes albums-photos et cette marque de reconnaissance m’a fait grand bien .

Comme j’aimais l’enseignement, j’étais attirée dans ce domaine à partir des petits jusqu’aux aînés. Ça me permettait de me ressourcer, d’apprendre du nouveau, de vivre du beau, du bon, du bien et de devenir meilleure. J’ai eu souvent à relever de nombreux défis en animation, en formations reçues et redonnées.

À 92 ans, à la demande d’une amie qui m’a donné un livre sur comment vivre un deuil, j’ai  préparé un travail sur le thème, que j’ai animé moi-même en novembre 2025. Il y a quelques années j’ai osé dire oui à la demande d’être hôtesse du Congrès national du MFC (Mouvement de foi et croissance ) pour une journée de congrès du Comité national venu à La Ferme, en Abitibi. J’ai aussi osé dire oui pour préparer et animer des cérémonies funéraires au salon.

Alors que la famille de mon frère Jean Guy et son épouse Lisette fêtait le 50e anniversaire de mariage de leurs parents le prêtre ne pouvant pas célébrer m’a prêté un document et m’a chargée de préparer et d’animer à sa place la cérémonie à l’église. Vous imaginez la surprise de mon frère de voir sa sœur en avant.

J’ai créé un quiz pour les aînés, chaque semaine, pendant plus de 3 ans, oū hommes et femmes venaient se ressourcer avec joie et entrain. 

L’animation devenait un hobby pour moi, je me perfectionnais à chaque fois.

Au cours de ma vie active, j’ai reçu plusieurs distinctions.

Une distinction soulignant mon implication aux soins éducatifs;

Une distinction de gratitude du Comité de la fabrique de Palmarolle;

Des prix d’excellence du Cercle des fermières soulignant l’art culinaire;

Des certificats de gratitude pour avoir été un pilier de l’organisation MFC.

En 2011, j’ai reçu la médaille d’honneur du Lieutenant gouverneur général du Québec en compagnie de ma famille et de mes amies.

Avec mon bénévolat, je me dis que je suis allée à l’université de la vie et je m’en réjouis maintenant.

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Spécimens du jardin de Dolores et Joseph Audet
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Médaille du Lieutenant Gouverneur du Québec 2011
Remise du prix du Lieutenant Gouverneur, Pierre Duchesne en 2011