Originaires de Saint-Henri de Lévis, Émile Carrier et Alma Guay se sont épousés le 2 septembre 1925 dans leur village natal.
Après un court séjour à Montréal, le jeune couple décide de venir s’établir de l’autre bord des nuages, en Abitibi. Ils arrivent à Palmarolle le 4 octobre 1926 avec un tout petit poupon à peine âgé de 3 mois.
Au tout début, à peine âgés de 23 et 21 ans, ils habitèrent quelques temps chez le frère d’Émile, Eugène, qui résidait déjà dans la paroisse. C’est ainsi que la petite famille commença sa vie dans cette nouvelle patrie qu’est Palmarolle en Abitibi.
Le 28 octobre 1926, Émile acquiert un premier lot portant le numéro demi 43 du rang 4 de Palmarolle. Il ne fut considéré propriétaire que lorsqu’il eut payé la totalité du montant de l’acquisition, le 18 juillet 1944. C’est sur ce même lot qu’il éleva sa famille. Il séjourna quelques temps encore chez son frère, afin de lui permettre de défricher un peu cette terre qui allait devenir la terre familiale.
De cette union, onze enfants sont nés. Deux sont décédés à la naissance. Actuellement, sept sont encore vivants. Alma avait lu, dans un journal, un reportage où les noms de tous les enfants commençaient par la lettre R. Elle avait trouvé cela joli et avait décidé de faire la même chose pour ses enfants. RENÉ, ROSE-ANNA, ROSE-ALINE, ROSINA, ROLLAND, ROBERT, ROLLANDE, ROSAIRE et RÉGINA.
Ce couple de bâtisseurs demeura sur leur terre pendant 41 ans. Ce n’est qu’en 1967 qu’ils décidèrent d’aller s’établir dans la municipalité voisine, Saine-Germaine de Boulé, en passant donc le flambeau à Rosaire, le dernier de leurs garçons. Rosaire et son épouse, Gisèle Depont, habitent encore aujourd’hui cette terre, dans la maison familiale qu’Émile a construit en juillet 1947.
En 1980, Émile et son épouse Alma ont célébré leur 55ième anniversaire de mariage avec leurs enfants et petits-enfants, ainsi que plusieurs parents et amis. Cette même année, Émile Carrier a participé à une série radiophonique diffusée sur les ondes de Radio-Nord. Cette série traitait entre autres des débuts de l’Abitibi et de la vie des colons à cette époque. C’est avec beaucoup de foi, d’honneur et d’émotions qu’il relata quelques bribes de son histoire: les péripéties de son arrivée à Palmarolle en 1926, de son métier d’agriculteur et de ses fonctions de sous-garde-feu qu’il a occupées de 1935 à 1950 environ.
Émile Carrier est décédé avec la satisfaction d’avoir accompli de grandes choses. Il s’est éteint à l’âge de 80 ans, le 24 avril 1983. Quant à son épouse Alma, après le décès de son mari, elle demeura quelques temps chez sa fille Rose-Anna à Sainte-Germaine. Elle retourna dans son village tant aimé au Foyer Mgr Halde, auprès de ses amis et connaissances de l’époque. Elle est décédée le 20 juillet 1988 a l’âge de 83 ans.
Pour leurs descendants: enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, ils ont laissé comme héritage, un gros coffre aux trésors rempli de beaux souvenirs de leur vie à deux, dont des photos d’époque ou tout simplement des cadeaux de leur mariage. Mais le plus bel héritage légué par Émile et Alma, est celui d’être capable d’accomplir de grandes choses avec de toutes petites.




