Famille Paul-Émile Fortier & Charlotte Morin

La famille de Paul-Émile Fortier et Charlotte Morin

Mes parents, Paul-Émile Fortier et Charlotte Morin, ont consacré leur vie à leur famille, à leur ferme et à leur communauté. Par leur courage, leur travail, leur générosité et leur profond sens de l’entraide, ils ont laissé un héritage précieux qui continue de vivre à travers les générations.

Mon père, Paul-Émile Fortier, est né le 1er décembre 1924. Il est arrivé en Abitibi avec sa famille en juillet 1925 et a grandi dans le rang 4-5 Ouest de Palmarolle. Ma mère, Charlotte Morin, est née le 6 avril 1929 dans le rang 4-5 Est de Palmarolle.

Une anecdote racontée depuis toujours dans notre famille nous fait encore sourire. Alors qu’il n’était qu’un jeune garçon, mon père aperçut un bébé emmailloté, couché sur les genoux d’une voisine. Attendri, il demanda s’il pouvait prendre ce bébé pour le bercer. Ce bébé était Charlotte, celle qui deviendrait quelques années plus tard son épouse et la mère de leurs enfants. Personne n’aurait pu imaginer qu’une si jolie rencontre annoncerait le début d’une longue histoire d’amour.

Le 6 juillet 1948, ils se sont mariés à Palmarolle et se sont établis sur la ferme familiale de Fortunat Fortier, le père de Paul-Émile. Afin de pouvoir acquérir cette ferme, mon père a travaillé plusieurs années dans les chantiers forestiers, puis dans les mines. Comme tant de pionniers de son époque, il était prêt à tous les sacrifices pour assurer un meilleur avenir à sa famille.

Pendant 10 années, nous avons vécu avec nos grands-parents Fortunat et Émélida. Je suis née le 14 mai 1949 et j’ai eu le privilège de grandir à leurs côtés durant mon enfance. En 1959, mes grands-parents sont allés s’établir au village de Palmarolle, laissant mon père poursuivre l’exploitation de la ferme. Il s’y est consacré jusqu’en 1979, année où mon frère Yvan en a pris la relève.

 

Des gens de travail

Le travail occupait une place essentielle dans notre famille. Ma grand-mère était une couturière remarquable. Elle confectionnait une grande partie des vêtements que nous portions pour l’école, l’église et les grandes occasions. En plus de tenir la maison, elle préparait quotidiennement les repas pour toute la famille. Ma mère possédait la même ardeur au travail. Tout en élevant ses enfants, elle participait aux travaux de la ferme lorsque les saisons l’exigeaient. Elle s’est aussi impliquée durant de nombreuses années au Cercle des fermières de Palmarolle, où elle pratiquait le tissage avec passion. Ses ouvrages témoignaient de sa patience, de son talent et de son souci du travail bien fait.

 

Toujours prêt à rendre service

Mon père était reconnu dans toute la région pour sa disponibilité et son désir d’aider les autres. Dépositaire des médicaments Gardo destinés aux animaux de ferme, il conseillait de nombreux agriculteurs. On faisait souvent appel à lui lors des vêlages difficiles ou lorsqu’un animal nécessitait des soins particuliers. Avec les années, plusieurs en sont venus à le considérer comme le vétérinaire de la région.

ll possédait également un don que plusieurs lui reconnaissaient : celui de « cesser le feu » et de « cesser le sang ». Des gens venaient le consulter pour soulager des brûlures ou arrêter des saignements. Ces traditions populaires étaient profondément enracinées dans nos campagnes et nombreux étaient ceux qui lui accordaient toute leur confiance. Il ne demandait jamais rien en retour. Cette générosité discrète lui a valu l’estime et le respect de toute une communauté.

 

Une implication remarquable

Très engagé dans son milieu, Paul-Émile a été président du Club Bon Temps de Palmarolle ainsi que président de l’UPA pendant plusieurs années. Ma mère s’est également beaucoup impliquée dans la vie communautaire grâce au Cercle des fermières et à différentes activités locales.

Ensemble, ils ont participé pendant de nombreuses années aux activités du Club Bon Temps. Ils aimaient les soirées de danse, les rencontres entre amis et les rassemblements communautaires. Mon père possédait un véritable talent pour faire rire les gens et mettre de l’ambiance. Tous deux étaient appréciés pour leur accueil chaleureux, leur simplicité et leur joie de vivre.

La musique, un héritage familial La musique occupait une place toute particulière dans notre famille. Elle accompagnait les fêtes, les célébrations et les réunions familiales. Cet amour de la musique s’est transmis aux générations suivantes. Aujourd’hui encore, plusieurs de leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants jouent d’un instrument ou chantent lors des rassemblements familiaux. La musique demeure un lien précieux qui continue d’unir notre famille.

 

Les enfants de Paul-Émile et Charlotte Paul-Émile et Charlotte ont fondé une grande famille.

Dix enfants sont nés de leur union. Deux sont malheureusement décédés en bas âge, et leur fils Jocelyn nous a quittés à seulement quinze ans à la suite d’un accident sur la ferme.

* Nicole Fortier, née le 14 mai 1949, mariée à Guy Mercier, de Palmarolle.

* Jocelyn Fortier, né le 24 janvier 1951, décédé le 13 septembre 1966.

* Carmelle Fortier, née le 13 octobre 1952, mariée à Ghislain Drouin, de Taschereau.

* Yvan Fortier, né le 31 octobre 1954, marié à feu Johanne Beauchamp.

* Denise Fortier, née le 13 septembre 1957 et décédée le 12 novembre 1957.

* Paulette Fortier, née le 27 mai 1960, mariée à Côme Chabot, de Sainte-Germaine.

* Maryse Fortier, née le 27 juillet 1962, de Sainte-Germaine.

* Un bébé mort-né le 13 décembre 1963.

* Richard Fortier, marié à Josée Blais, de Rouyn-Noranda.

* Sylvain Fortier, né le 18 avril 1970, marié à Julie Bergeron, de La Sarre.

 

Un souvenir particulier

Parmi les souvenirs qui nous font encore sourire, il y en a un bien spécial. J’ai été enceinte en même temps que ma mère. J’ai donné naissance à mon deuxième enfant seulement deux mois après qu’elle a eu mis au monde mon petit frère. Cette situation peu commune amusait beaucoup la famille et demeure encore aujourd’hui un souvenir précieux.

 

Les dernières années

Après avoir quitté la ferme, mes parents ont pleinement profité de la vie. Ils ont continué à s’impliquer dans leur communauté, à recevoir famille et amis et à partager leur bonne humeur avec tous ceux qui croisaient leur route.

Maman est décédée le 6 février 2013, à l’âge de 83 ans. Une curieuse coïncidence accompagne son parcours : elle est née un 6 avril, s’est mariée un 6 juillet et nous a quittés un 6 février.

Papa est décédé le 23 juillet 2019, à l’âge de 94 ans. Jusqu’à son dernier souffle, il est demeuré profondément attaché à sa famille, à sa terre et à ses racines.

 

Leur héritage

Aujourd’hui, lorsque nous regardons le chemin parcouru, nous voyons bien plus qu’un père et une mère. Nous voyons deux bâtisseurs qui ont consacré leur vie à leur famille, à leur ferme et à leur communauté.

Leur héritage continue de vivre à travers leurs sept enfants, leurs dix-neuf petits-enfants, leurs quarante arrière-petits-enfants et leur première arrière arrière-petite-fille, Norah, née en 2023.

Les valeurs de travail, de générosité, d’entraide, de respect et d’amour qu’ils nous ont transmises continuent de guider chacune des générations qui leur succèdent. Leur histoire fait partie de celle de notre famille, mais elle appartient aussi à celle de Palmarolle.

À leur manière, ils ont contribué à bâtir leur communauté et ont laissé une empreinte durable dans le cœur de tous ceux qui ont eu le privilège de les connaître. Leur souvenir continuera de vivre tant que leur histoire sera racontée.

Merci papa et maman

Votre fille Nicole

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